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Porqué te vas ? (Chiloé)


Prendre un ferry pour 12H en partant à 1H30 du matin, ce n’est franchement pas la meilleure des idées. Au début, je me disais, cool, je vais dormir sans payer une nuit en plus. Après je me dis, merde c’est des paysages qui sont censés être magnifiques et que de nuit, bah on ne voit rien (#captainobvious).

Et puis quand tu te retrouves dans un ferry blindé de monde, sans moyen de s’allonger, avec un mec qui ronfle comme un sanglier deux rangées derrière toi et que t’as laissé tes boules quiés dans ton sac à dos qui est parti en soute…Tu te dis que ça va être long. Et ce fut long, trèèès long.

J’arrive déphasée à Quellon, dans la partie Sud de l’île, vers 11H30 (on a été plus rapide que prévu). L’idée de base était de faire du stop jusqu’à Castro, mais je suis complètement claquée et le bus coûte comme 3€, je vais me la jouer pépére à ce prix-là.

C’est sans compter sur le gars qui vend les billets et qui semble décidé à ne pas me laisser monter dans le prochain, me disant que le bus est en train de partir et qu’il faut attendre celui de 13H. Aucun souci, je vais acheter mon ticket pour celui de 13H. Il me dit qu’il faut attendre. Je me dis, tiens, il me semblait qu’il venait de vendre un ticket à la personne juste devant moi, j’ai du mal comprendre. Je m’éloigne, je vois qu’il vend des tickets. Pis je repère Mr Sanglier et ses deux marcassins, qui vont eux aussi à Castro. Et aucun souci, il leur file des tickets.

Je redemande à Mr Sanglier, toujours au guichet, s’il va bien à Castro: "oui oui, porqué ?" Je demande au gars pourquoi, moi, je n’ai pas pu acheter de ticket, il me répond en tournant la tête et en me faisant un signe « va voir ailleurs si j’y suis » avec la main. Je suis sur le cul.

Le Sanglier aussi, du coup il dit qu’il va prendre 4 tickets, pour que j’en ai un aussi. Il est tout gêné du comportement du vendeur, qui continue à me regarder d’un air hautain. Je suis outrée. Mon espagnol est devenu suffisamment bon pour lui faire part de mon opinion et l’envoyer chier avec classe, histoire de montrer que c’est lui le connard et que moi je n’ai rien à me reprocher.

Ce n’est pas la 1ère fois que je trouve le service à la clientèle super limite. Au Chili ou en Argentine, même souci. On te fait attendre des plombes, on te roule les yeux, t’as l’impression d’être transparente, on te répond à peine. Et pourtant, j’arrive toujours en disant « Holà, buenas », je suis souriante, mon espagnol est compréhensible…Le choc avec le Canada, la NZ ou l’OZ est assez intense et me pose un vrai souci.

Ce n’est pas exclusivement envers les touristes et ça n’a absolument rien de personnel (sauf le coup du ticket de bus, là clairement le gars est un gros c*n et ma tronche ne lui revenait pas), ils font de même à leurs compatriotes. Je trouve ça très pesant à force. Mais encore une fois, je pense que le fait d’arriver du Canada, où le customer service se doit d’être impeccable, n’aide pas.

Bref, ça ne va pas me gâcher mon séjour à Chiloé !

J’arrive à Castro sous un gros soleil qui tape fort. L’auberge la Minga est situé près de la plaza de Armas, l’accueil est super sympa et je retrouve le côté cosy, familial et friendly des petites auberges que j’adorais en NZ.

Ma sieste est entrecoupée par les SMS de Jorge (le métalleux qu’on avait rencontré à Punta Arenas et qui m’avait bien aidé quand mon genou m’a lâché à Torres del Paine), qui est aussi sur l’île et a décidé de changer ses plans pour me retrouver à Castro et du coup à la même auberge.

Et puis surprise, en sortant de ma chambre, je tombe nez à nez avec Lionel ! Un randonneur solo, rencontré à l’auberge de Puerto Natales, avec qui on avait bien discuté, et qui aurait du se trouver à Cuba.

Elle commence bien mon aventure en solo ! Je retrouve déjà 2 personnes que je connais. Et puis Hélène m’envoie un message pour me dire qu’elle a réussi à changer son billet et qu’elle arrivera à Chiloé le lendemain matin. Inséparables !!

Je pars me promener un peu avec Lionel et Jorge, vers les maisons sur pilotis, typiques de Castro, les célèbres palafitos.

J’aime beaucoup !

On frôle le scandale quand j’ose payer un verre à Jorge et Lionel, qui goûte son 1er Pisco sour, la boisson Chilienne. Jorge ne vit pas bien qu’une femme puisse payer un verre à deux hommes, alors que dans sa version chevaleresque du monde, ça devrait être l’inverse et que bien qu’il trouve mon indépendance très chouette, si elle doit lui faire voler en éclats ses principes, ça le fait hyperventiler.

Welcome to the 21th century, chico !

Ça sera quand même le début de la fin pour lui, dont les idées sont souvent très en opposition avec les miennes. Il va faire face à un mur avec Hélène et moi, féministes, indépendantes et têtues. J’abandonne plus vite qu’Hélène, qui prend un malin plaisir à débattre de sujets sensibles pour lesquels ses idées arrêtées n’auront aucun écho chez nous. Je n’ai pas assez d’énergie et d’envie pour essayer de le convaincre de quoi que ce soit, surtout en espagnol.

Le soir on se fera un repas à l’auberge, en discutant avec les autres guests, et c’est comme ça que je rencontre Coline, une française toute cocotte, Morgan, un Aussie qui vit à VAN et qui connaît le meilleur bar del mundo (aka The Moose’s down under) et on part à 5, boire un verre dans le « meilleur bar karaoké de l’île » selon la pancarte.

J’espère pour eux que c’est un pur mensonge, parce que OMG ! Son pourri, animateur qui maîtrise très bien l’effet écho sur son ordi et des chansons qui te font crier « j’ai mal à la musique ». On ne fera pas long feu (mais j’aurais déjà perdu un tympan et ma foi en la musique locale), Lionel et moi, en tant que papy et mamie officiels de la bande, rentrons dormir et les 3 autres s’en iront dans un autre bar.

Le lendemain matin, on retrouve Hélène dans le canapé de l’hostel, je suis super contente !! Ma patacopiiiiine !!

Coline essaie de recoller des morceaux de sa nuit et de retrouver quelques affaires égarées en cours de route, apparemment le Terremoto a encore sévi ! Ce cocktail chilien est très traître et se boit très bien, par contre il tape d’un coup et BIM « Terremoto » (tremblement de terre).

La pauvre Hélène n’aura pas des masses de répit, puisqu’on partira à la découverte d’une petite île au large de la grande île de Chiloé, après avoir vainement tenté de trouver une voiture à louer pour 2 jours. On laisse Lionel partir vers le Sud de l’île où il veut aller randonner et poser sa tente. Bonne continuation à toi Lionel !

Le trio infernal se met donc en route en bus direction Achao. Le collectivo nous amène le long de la côte, puis sur le bac qui nous dépose sur l’île de Quinchao pour 1800 pesos par personne.

L’idée était de parcourir un peu plus l’île, mais entre la fatigue d’Hélène, qui a passé une nuit dans le ferry, notre recherche de voiture etc…On s’est mis en route bien trop tard pour ça. Du coup, on rester à Achao, où je regrette de ne pas avoir pris mon maillot car c’était clairement l’occasion d’aller me baigner…Dammit ! A la place on se fera un resto face à la mer, on marchera un peu au hasard dans petite ville, avec Hélène on se marrera du nom de certaines boutiques (la librairie Yalu, par exemple), on ira admirer l’église en bois qui fait la fierté de l’île car c’est la plus ancienne du Chili.

Chiloé est d’ailleurs réputée pour ses églises, il y a même une « route des églises » qui fait le tour de l’île et des 16 églises.

On se contentera de celle-là, qui est très belle, toute en bois, à l’intérieur sobre mais beau.

On rassemblera nos forces pour aller jusqu’au Mirador, en grimpant sous un soleil de plomb, le long de la route. La vue est plutôt pas mal du tout et je me dis que j’aurais bien passé plus de temps par ici, pour aller d’île en île, car c’est un véritable archipel. Des dizaines de petites îles entourent la grande île de Chiloé. Le genre de décor que j’adore et qui fait ressortir mon côté insulaire très fortement.

Avant de quitter l’île, et après avoir fait un simulacre de caca nerveux qui me vaudra un Oscar, j’aurai le droit à ma glace. Une boule chocolat qui fondra plus vite au le soleil que sur mes cuisses (dommage).

De retour à Castro, on se fera un repas à l’auberge et on ira au dodo sans aller vérifier si le Terre Motto est toujours aussi fort que la veille :p

Lundi 5 février, on se met en route (encore super tard) pour aller marcher jusqu’à la Muelle del alma, encore un incontournable de l’île.

Une légende Chilote a rendu cet endroit très touristique et une jetée a été installée il y a une quinzaine d’année pour rajouter du réel au légendaire.

Le trajet en bus est assez long jusqu’à l’entrée du parc, puis un autre petit bus nous emmène vers un autre point d’entrée, où l’on doit présenter le billet acheté au 1er arrêt. On continue sur la route cahoteuse puis le bus nous dépose et la rando commence. Ça monte, ça descend, le brouillard nous enveloppe, ça fait très mystique, très Irlande par moment.

Mon genou me fait à nouveau mal et je me rends compte que c’est loin d’être guéri. Ça ne m’arrange pas du tout…

Quand on arrive à la Muelle del alma, c’est la claque ! Une file incroyable de gens qui attendent pour monter sur la jetée et se faire prendre en photo. Une grosse heure minimum de queue, pour un selfie, non merci.

On attend que les gens descendent pour prendre des photos et on passe notre tour sans hésiter.

Le coin est joli mais si vous venez par là pour la photo, soyez prêt à attendre !

On se pose en débattant encore avec Jorge, je prends des photos du paysage, des chevaux en liberté…Puis on repart dans l’autre sens, avec mon genou qui continue à lancer malgré la genouillère.

On se retape un long trajet en bus pour retourner à Castro, où on récupère les sacs pour remonter dans un autre bus, direction Ancud, plus au Nord de l’île. On arrive de nuit, au terminal qui est à l’autre bout de la ville, du coup on prend un remi (espèce de taxi qui fait toujours la même boucle) qui nous dépose à l’auberge « Trece lunas » .

On y retrouve Coline et Agathe, rencontrées à Castro, on fait la connaissance de deux Chtis déjantées, So et Clarisse, avec qui on se tapera des fous rires monumentaux grâce à un Hollandais complètement à la ramasse, une 3ème Ellen, Australienne, un gars de Vancouver Island qui est en tour du monde depuis 5 ans…Bref encore plein de gens sympas.

On booke une excursion pour aller voir les manchots le lendemain. Pas de bol, encore une fois, le vent et la pluie se sont invités et le port est fermé…Pas de manchots…Plus de 2 mois en Argentine et au Chili et pas un ostie de manchot à se mettre sous l’objectif. La loose ! ça va que j’en ai déjà vu en NZ, mais bon, on est quand même super déçus.

Du coup, Coline et moi montons dans le bus, direction Puerto Varas, un petit village en bord de lac que Gwladys m’a conseillé d’aller voir. Ça sera ma dernière étape au Chili.

En attendant, c’est le moment des « au revoir », une fois de plus, avec Hélène et Jorge. Cette fois, avec Hélène, on sait que ça va être quasi impossible de se revoir avant que je reparte pour Buenos Aires, là où on s'est rencontrées 2 mois auparavant.

Ça aura été un vrai plaisir de partager un long bout de route et plein d’aventures avec toi, Miss. Tu m’auras bien fait ma Patacopine ! Au plaisir de te revoir ailleurs dans le monde ;)

Jorge est tout triste lui aussi, et me redemande une nouvelle fois "Porqué te vas ?", chanson qu'on aura chanté et rechanté, tellement entêtante que vous allez aussi l'avoir dans la tête pendant des jours maintenant. Du coup je vous ai mis la version rock, super bonne ;)

Je vous laisse l'écouter en regardant le diaporama ! ENJOY !!


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